Historique et histoire de Guignol


Sa naissance et son nom

La date officielle de la naissance de Guignol est le 22 octobre 1808 dans un café de la rue Noire, à Lyon. Ce n'est qu'une date officielle, qui n'est peut-être pas très exacte. Il serait plus vrai de dire que ce fut ce jour-là qu'on constata son existence.

Il fut crée par un ancien canut, Laurent Mourget. On appelait canut, le tisseur de soie qui travaille à son métier dans sa boutique. Cette profession était très répandue à Lyon autrefois ; ces ouvriers, alors très nombreux, n'existent plus maintenant. Des machines perfectionnées exécutent le travail qu'ils faisaient à la main.

Venant voir régulièrement les scènettes de ce petit personnage, un habitant du quartier aimait bien rire aux plaisanteries tout en s'exclamant « c’est guignolant » et comme il lançait cette approbation plusieurs fois, pendant la représentation, le public, à son tour, s'empara de l'expression, et chacun prit l'habitude d'appeler Guignol le petit personnage qui déchaînait les rires.


Les habits de guignol

Vêtu très simplement, en petit bourgeois, il portait une jaquette de couleur marron ou vert foncé dont la coupe n'était plus à la mode depuis longtemps, mais qui aurait fort bien habillé un élégant du Directoire. Ainsi habillé, ce Guignol de Lyon,, joli garçon, avait encore bonne mine car sa taille était très droite. Polichinelle avait eu l'esprit de ne pas lui transmettre ses bosses.

Ses cheveux étaient également coupés à l'ancienne mode, qu'on appelait catogan : la natte, réunie sur la nuque par un nœud, était rigide, se relevait très haut à son extrémité, d'une façon drolatique et frétillait comme une langue. Guignol, appelait cette mèche excentrique son sarsifis, probablement à cause de sa ressemblance avec une racine de salsifis. Sur cette coiffure, s'enfonçait un petit chapeau en lampion, sorte de bonnet déformé qui faisait vaguement penser au légendaire petit chapeau de Napoléon.

Tout cet appareil vestimentaire , Guignol l'a conservé dans le cours du XIXem et XXem siècle, et c'est encore ainsi qu'il se montre ainsi.

Physionomie et caractères de guignol

Guignol n'a pas changé non plus de visage. Tel vous l'apercevez aujourd'hui, tel il fut toujours. Pas un poil n'a poussé sur sa bonne figure joviale et arrondie, il est toujours rasé de frais et ses joues, aux pommettes saillantes, sont toujours aussi roses. Il a le même air candide et étonné que lui donnent ses sourcils relevés et ses yeux cernés de cils noirs sont aussi malins. Ses lèvres, relevées aux extrémités par un sourire, lui donnent éternellement l'apparence d'un homme heureux, que les petites misères de la vie ne sauraient attrister.

Car il tient de son père Polichinelle, qui ne lui a pas laissé d'autre héritage, cette heureuse disposition du caractère qui consiste à rire de tout, ou, comme il dit lui-même, à se gausser de tout. Insouciant et léger, il ne fait jamais sur les événements de longues réflexions ; il n'y cherche que matière à plaisanterie.

Il jouit donc d'une saine gaieté, d'une allègre bonhomie et son enjouement dériderait le plus hargneux. Les reparties spirituelles fusent de sa bouche comme un feu d'artifice. Un homme d'esprit a dit de lui qu'il éternuait les bons mots. D'ailleurs ses yeux pétillent de tant de malice, sa bouche est si moqueuse que, ne dirait-il rien, il aurait encore l'air de faire la nique aux gens

 

Laurent Mourguet
Laurent Mourguet
Guignol
Guignol original de Mourguet 1820
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